Europe : les élections approchent.

Repas de famille. La question des élections européennes est rapidement abordée pour déplorer qu’on n’en parle pas. Elles sont dans 6 mois.

Quelles élections ?

Le 26 mai 2019, le corps électoral français devra élire 79 député.e.s. Ils et elles rejoindront leurs 626 autres collègues issu.e.s des autres États de l’Union, et dont les élections commenceront dès le 23 mai.

Il n’y aura pas de liste européenne. Il n’y aura pas de liste régional. L’élection sera, en France, nationale, avec un seul tour et proportionnalité.

Le gouvernement français, la République En Marche, veut en faire un scrutin-plébiscite, en plaçant le parti macroniste comme unique alternative au parti lepéniste. Les clips officiels, censés présenter les élections, ont fait l’objet d’une plainte au CSA par le Parti de Gauche et une demande de retrait par Génération.s.

Les sondages commencent d’arriver. On y parle de partis français mais pas de programme, comme s’il s’agissait de rejouer l’élection présidentielle française, ou préparer la prochaine, pas des modalités de coalitions avec les autres partis présents au Parlement européen. Les prérogatives du Parlement européen, le renforcement de la démocratie européenne, on n’en parle pas.

Pourtant, les sujets du parlement européen ne sont pas ceux de l’Assemblée nationale. La gouvernance de l’Union n’est pas celle de la République française. La démocratie européenne essaye d’arracher du pouvoir législatif aux États (aux exécutifs, pas aux parlements nationaux, puisqu’il y a une forte culture de la subsidiarité). Les députés devront s’entendre avec des députés délégués par d’autres États, avec des projets similaires, sur des thématiques, mais pas identiques. Unis dans la diversité. Il est dommage de ne pas avoir de listes européennes.

Les enjeux de la nouvelle mandature

Le premier enjeu est que le Conseil européen, c’est à dire les chefs des différents États de l’Union acceptent une Commission européenne résultant du scrutin à l’échelle européenne. Alors que les candidats auront débattu nationalement et pas au niveau européen. Qu’il n’y aura que des coalitions. Alors que d’après le Traité de l’Union, le Parlement ne fait que l’accepter. C’est ce qui avait été gagné lors de la dernière élection. Bref, le premier enjeu est que l’Union se dote d’un gouvernement.

Pour quoi faire ?

  1. Le GIEC a donné l’enjeu de la 9ème législature : le climat. C’est l’enjeu du XXIème siècle. On n’arrive pas à le fixer, mais il faut réduire son changement au maximum.
  2. L’actualité donne l’autre enjeu : que la Méditerranée ne soit plus un tombeau.

La question du climat et des migrations sont d’ailleurs liées.

Mais, pour cela, la démocratie européenne doit être approfondie. Le Parlement n’a pour le moment qu’un pouvoir législatif limité. Il ne peut rien, à part un véto, imposer. C’est sans doute lié à une absence de fédéralisme des partis politiques, en dehors du Parti vert européen. Les coalitions ne sont pas des partis avec des débats internes et des projets communs. Il est certes important d’échanger et de se rencontrer… mais ce n’est pas cela qui amène à la décision politique.

Le dernier sujet est évidemment l’établissement de normes, de services publics européens. C’est aussi lié au climat, à l’accueil des réfugiés, au fait que les européens sont mobiles. L’intérêt de l’Union est de pouvoir mettre en œuvre la solidarité, la justice économique et sociale.

La campagne européenne officielle débutera moins de 2 mois avant le scrutin.  Est-ce bien sérieux pour une Union de 450 millions d’habitants (sans le Royaume-Uni ) ? Les États-Unis n’ont que 325 millions d’habitants pour 50 États et si une opinion publique existe c’est bien parce que les débats sont continentaux et permanents.

Sources :

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