Mépris de classe.

Hier soir se déroulait le grand débat entre les 11 candidats à l’élection présidentielle. Après celui-ci, des journalistes et éditorialistes en débâtirent sur BFM TV. Anna Cabana, rédactrice en chef du JDD, parla d’indignité de Philippe Poutou, parce qu’il avait osé parler des affaires de François Fillon… et parce qu’il avait retroussé ses manches ! Philippe Poutou, c’était Tom Branson, le chauffeur, dans Downton Abbey, qui s’impose sans se renier dans un milieu qui n’est pas le sien.

Un ouvrier, un prolétaire, peut retrousser ses manches, mais pas un candidat à l’élection présidentielle. Ca ne se fait pas. L’ouvrier travaille, le bourgeois et le politique font travailler. L’égalité des citoyens ? L’ouvrier est un corps. Le politique une parole avec un costume. Ah, il est certain qu’on ne doit pas souvent voir Philippe Poutou chez Arnys ! Aucune classe ! Ou, plutôt, si, une : la classe prolétarienne, donc pas la bonne.

Quelques minutes plutôt, François Fillon avait menacé de poursuites judiciaires s’il n’arrêtait pas d’évoquer ses propres ennuis avec la justice. Il y avait, dans ses menaces, aussi, du mépris de classe. Il y a quelques semaines, à des infirmières d’un EHPAD qui disaient qu’elles étaient épuisées, qu’il leur fallait plus de moyens humains, François Fillon avait répondu « Vous voulez que je fasse de la dette supplémentaire ? » Même mépris. François Fillon a donné raison à Nathalie Arthaud qui ne voulait pas rassembler tout le monde, qui opposait capital et travail.

Hier, le mépris de classe était palpable. Et je sais encore moins à qui je vais donner mon vote.

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