Travailler l’information doit il nécessairement être une torture ?

Cela aurait pu être un sujet de philosophie en début de semaine. Par exemple : la recherche de la vérité est elle souffrance ? L’information a-t-elle une autre justification que le divertissement ? Le plaisir que l’on a à découvrir la vérité peut il être jouissif et, si oui, peut-il être donné par d’autres ? L’accès à l’information, indispensable en démocratie, doit il être normé comme la démocratie peut l’être ?

Caroline Deschamps a pointé que des journalistes du Petit Journal de Yann Barthès ont perdu leur carte de presse. Est-ce bien ou pas ? Je n’en sais rien. Mais l’infotainment n’est pas une pratique nouvelle, même si elle s’est peut-être renforcée durant ses dernières années. Tout l’enjeu est de savoir si elle remplace l’information ou les programmes de divertissement.

On retrouve, sur les réseaux sociaux, cette même approche. Sur Twitter, il semble plus facile de diffuser de l’information, des faits bruts. Le format s’y prête. Mais que se passe-t-il lorsqu’on veut faire réagir ? Qu’on veut engager les lecteurs ? On glisse alors vers l’infotainment. Sur Facebook, la limite est encore moins claire. Les facebookiens sont sur Facebook avant tout pour se divertir.

Nos démocraties survivront à l’infotainment. Dans les dictatures, l’engagement peut d’ailleurs prendre un sens plus politique. Mais qui peut (ou/et doit) réfléchir à ses pratiques nouvelles ? Les journalistes (mais ils n’ont pas de mandats électifs… même s’ils ont la confiance du public) ? Le pouvoir politique (mais la presse pourra alors crier – avec raison – à l’ingérence) ? Quelle éthique pour quelle information ?

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