Plus d’un an avec Ayla, Creb, Jondalar, Whinney, Bébé, Loup…

Début 2016, à Etincelle, la communauté de coworkers que je fréquente, Nathalie Grenet, une muséographe qui a travaillé notamment sur Lascaux, m’a parlé d’hommes de Neandertal et donc d’Ayla (attention, ça spoile beaucoup dans l’article en lien 😉) et la saga des Enfants de la Terre. J’ai commencé à lire le premier livre, sans imaginer qu’il y en avait huit autres derrières et que l’histoire, la façon dont Jean M. Auel la raconte, allait me passionner.

Les Enfants de la Terre est une saga spéciale. Ce n’est pas moi qui le dit, mais l’expérience que j’ai eu grâce à elle : des inconnu.e.s m’ont abordé dans le métro pour m’en parler. Cela s’est reproduit plusieurs fois au cours de cette année, ce qui n’a pas manqué de m’interroger. Je n’ai jamais vécu cela avec d’autres livres.

Le premier livre a été publié au début des années 80 et le dernier il y a quelques années. Mes différents interlocuteurs avaient donc été plus ou moins dans l’histoire, chacun croyant qu’elle était terminée. Ainsi, après avoir lu le dernier, je crois moi aussi qu’elle l’est, notamment dû à l’âge de l’écrivaine, mais parce qu’il y a une vraie fin. Mais je peux me tromper et j’en serais heureux. J’aimerais revoir certains personnages de l’histoire, savoir ce qu’ils sont devenus. Certaines choses ont été annoncée qui ne se sont pas réalisées. Et, simplement, j’aimerais retrouver des personnes à qui je me suis attaché, avec qui j’ai ri, que j’ai eu envie de réconcilier entre eux.

Si je ne parle pas de l’histoire des Enfants de la Terre, c’est qu’elle est à découvrir. C’est au fur et à mesure que l’on comprend. Un inconnu, dans le métro, voyant que j’en étais au début de la lecture, m’a souhaité un bon Voyage. Si vous devez commencer ce livre, c’est ce que j’ai envie de vous souhaiter. Si vous allez le reprendre, parce qu’il vous manque des parties, c’est que j’ai envie de vous souhaiter aussi, un bon Voyage, de belles découvertes et réflexions.

Si je ne peux pas vous parler de l’histoire, de la chronique sociale racontée, de ce qu’on ne découvre vraiment qu’à la fin que j’ai pu lire, je peux vous parler des raisons qui m’ont fait me passionner pour l’histoire, malgré un premier livre que j’ai trouvé extrêmement dur au regard des rapports entre les sexes.

  • Le style. Je n’ai lu qu’une traduction (vous pouvez retrouver des livres audio sur YouTube en anglais). Mais la romancière rappelle en permanence ce qui a pu se passer avant, pour rappel. On peut finir par oublier certains épisodes passées mais, comme pour les personnages, ces rappels finissent par ancrer les souvenirs.
  • Les explications scientifiques. Jean M. Auel décrit ce qui peut arriver avec les notions modernes, sans que cela nuise à l’histoire. Ayla, l’héroïne peut ne pas savoir le nom de la molécule active de telle ou telle plante médicinale. Nous, nous pouvons la connaître, et Ayla savoir ce que telle plante peut produire.
  • Ayla, du Clan des Ours aux Zélandonii, va rencontrer de nombreux personnes, organisations sociales, politiques différentes. La romancière s’est appuyée sur des organisations existantes parmi toutes les populations qui existent aujourd’hui encore, notamment parmi les peuples nomade, ou anciennement nomades. C’est intéressant de (re)découvrir les nuances, des notions philosophiques différentes. Il est intéressant de voir comment des gestes culturels, des inventions peuvent se répandre. Car, oui, les inventions et les disruptions ne sont pas l’apanage du XXIème siècle !
  • Une assiette est appelée une assiette et c’est un parti pris narratif extrêmement intéressant ! Qu’elle soit faite d’os, de bois, elle est appelée assiette, comme les assiettes en verre ou grès que nous utilisons actuellement. Un manteau est aussi appelé un manteau, quelle que soit sa coupe. Du coup, la représentation que nous avons de l’histoire est moderne. Ayla vit il y a quelques milliers d’années mais elle aurait tout aussi bien pu se passer il y a quelques siècles seulement.
  • Les clins d’oeil à l’Histoire. Certaines des découvertes sont effectuées de la même façon, à la période d’Ayla et dans des périodes récentes. Mais il est tout aussi intéressant de voir comment la propre histoire de la romancière a affecté l’histoire d’Ayla et Jondalar. On ne le découvre que lorsqu’elle en parle dans les remerciements et, heureusement, sans conséquence dramatique pour elle;

Je suis étonné qu’il n’existe pas encore de film ou feuilletons sur les Enfants de la Terre. Cela viendra peut-être. Je ne sais pas, non plus, s’il existe du fanart, des histoires dérivées de cet univers. Ce serait aussi intéressant, pour compléter la réflexion. Il est d’ailleurs notable que nous revenons à certaines formes d’organisation sociale décrites par Jean M. Auel, concernant la famille par exemple. L’humanité n’a rien de figé sur ce sujet.

Pendant l’adolescence, on lit des romans initiatiques, on les étudie au collège, au lycée. Ils montrent l’évolution d’un personnage. Le cycle des Enfants de la Terre s’en approche mais va bien au delà puisqu’il montre l’évolution de communautés entières, met en avant de nombreuses disruptions sociétales, montre comment des sociétés, des civilisations naissent et, en partie, meurent, échouent, se transforment. Il y est même question, déjà,  de réchauffement climatique. Tout le monde devrait le lire.

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