Manger dans un restaurant de viandes… 6

Il m’arrive encore de manger dans des restaurants qui n’ont aucun plat vegan à la carte. Il faut alors demander, expliquer parfois. Et, le truc ultime : renvoyer des plats parce qu’il y a, dedans, des produits animaux. Je ne pensais pas que je ferais cela un jour mais c’est maintenant régulier.

Mais, il faut bien le dire, c’est souvent le pire repas de la journée ou de la semaine que je mange. Il n’y a presque rien dans l’assiette (à moins de commander 4 ou 5 plats) et c’est cher (le prix du plat est basé sur la chair animale, bien plus chère que les végétaux).

Dans tous les cas, il faut prévoir de manger avant d’aller au restaurant, ou après. Quand tu sors d’un restaurant et que tu as faim, tu as un peu l’impression de t’être fait arnaquer. Heureusement, en ville, il y a souvent une épicerie pas loin où tu peux acheter des bananes, des dattes ou, actuellement, des figues.

L’alimentation devrait être un plaisir. Mais, quand tu ne veux pas faire inutilement souffrir des animaux (il est toujours bon de rappeler qu’il n’y a aucune utilité pour le corps humain à manger des produits animaux), que tu veux faire attention à la source de ton énergie, que tu veux faire attention à ton impact sur la planète (à quelques semaines de la Conférence sur le climat de l’ONU, rappelons encore et encore que la consommation de viande par les humains est le premier facteur d’émission de CO², devant les transports !), manger dans la plupart des restaurants en France est source de stress et de déplaisir.

Cela fait maintenant plus de deux ans que je suis passé à une alimentation basée sur les fruits. Voici donc les raisons pour lesquelles je continue d’aller dans des restaurants qui n’ont pas de plat vegan sur la carte :

1. Quand je vais au restaurant, c’est souvent pour passer un moment avec des personnes. J’ai longtemps mangé de la viande et je comprends que tout le monde ne soit pas au même endroit dans son chemin vers une alimentation moins pathogène et destructrice. (Mais « la maison brûle et nous regardons ailleurs« , comme a dit un Président français en 2002.) Un choix de vie qui me rendrait asocial ne serait pas le bon. Ceci dit, j’apprécie aussi quand les rendez-vous ont lieu dans des restaurants qui servent aussi des plats végétaliens – et sans gluten – comme l’excellent La Belle Bio (réservation conseillée ;)) à Toulouse.

2. Il n’y a qu’en demandant des plats végés qu’on finira par en avoir sur les cartes. Heureusement, de plus en plus de restaurateurs comprennent qu’ils ont un intérêt économique à en proposer. Beaucoup de végétaliens ne vont plus au restaurant parce qu’il n’y a pas d’offre disponible !

3. Montrer que c’est possible. Je me dis que chaque fois que je demande un plat de végétaux, ce sera plus facile la fois d’après, que ce soit pour moi ou pour quelqu’un d’autre. La cerise sur le gâteau, c’est de pouvoir expliquer pourquoi et comment je suis devenu vegan, ce que j’ai découvert dans ce mode de vie.

Il y a encore des bastions de l’alimentation carnassière où je n’ai pas encore mis les pieds. Je ne vais pas à la confrontation pour la confrontation et, heureusement, dans un groupe, la prise en compte de l’alimentation de chacun prévaut le plus souvent dans le choix d’un restaurant. Mais j’ai hâte que tous les restaurateurs proposent enfin de vrais plats végétaliens !

A little humor. #animalrevenge #hunting #hunters #bacon @veganoutreach

Une photo publiée par Animal Revenge ✔️🐼 (@animalrevenge) le

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6 thoughts on “Manger dans un restaurant de viandes…

  1. Reply Bastien Sep 11,2015 10 h 32 min

    Bjr Philippe,

    Il faudra qu’on en parle si tu passes à l’apéro entrepreneur un jeudi ou qu’on se croise. Car certains arguments des végétariens ou vegans me laissent songeurs.

    Je ne comprends pas pourquoi mélanger la cruauté et la folie de l’élevage intensif animal et les producteurs qui élèvent des animaux ds de bonnes conditions, car oui ça existe aussi.

    La prédation fait partie de notre évolution. Elle pourra peut être disparaître de notre régime alimentaire, mais la question philosophique sur le fait qu’il est inhumain de manger des animaux ou produits issus des animaux me laissent perplexe. C’est en qq sorte renier la nature non ?

  2. Reply Philippe Sep 11,2015 22 h 25 min

    Bonsoir Bastien,

    Il y a plusieurs choses dans tes interrogations. Je vais commencer par ta conclusion parce que c’est celle qui me semble la plus choquante. Tu dis que manger des fruits et des légumes serait contre-nature ? Allons donc, as tu vraiment l’impression de faire quelque chose de mal quand tu manges une pomme ?

    L’homme n’est pas un prédateur. Il cueille. Je suis sûr que tu as déjà fait les courses. As tu l’impression que les humains se comportent en prédateurs quand ils prennent une barquette de chair morte sous cellophane ? Non. S’ils étaient prédateurs, ils tueraient eux-mêmes et la norme serait de tuer. Ce n’est pas le cas.

    Jette un oeil à ce discours de Gary Yourofsky, il t’en apprendra un peu plus : https://www.youtube.com/watch?v=3-NiHE9IBFg

    > pourquoi mélanger la cruauté et la folie de l’élevage
    > intensif animal et les producteurs qui élèvent des
    > animaux ds de bonnes condition

    La plupart de la consommation animale provient de « la cruauté et la folie de l’élevage intensif animal ». Et quand je dis la plupart c’est qu’aucune personne qui mange des produits animaux mange en dehors de ce système. Tu peux prendre le cas d’un bushman qui chasse et n’est pas dans un système industriel mais tu dois bien reconnaître que cela ne concerne pas l’Europe.

    Il y a des « producteurs qui élèvent des animaux ds de bonnes conditions » ? Cela pose au moins une question éthique : le producteur n’est pas l’humain mais l’animal qui produit. En se définissant comme producteur, l’homme ne fait que chosifier la bête. Pourtant, elle est capable de souffrir, d’aimer, de nouer des relations, de communiquer.

    Ensuite, la question n’est pas sur la vie de l’animal, mais sur sa mort. Est-ce que le producteur ne vend que des animaux morts de vieillesse ? Non. Il fait appel à un abattoir et on retombe dans la maltraitance et la cruauté envers les animaux.

    Enfin, je n’ai pas dit qu’il était inhumain de tuer des animaux. J’ai juste dit que c’était inutile et destructeur. Nous n’avons qu’une planète et on est en train de la rendre stérile pour l’espèce humaine.

    On en parle de vive voix un de ces 4 ;-)

  3. Reply Bastien Sep 14,2015 14 h 03 min

    Bjr Philippe,

    Merci pour ta réponse que je ne vois que maintenant.

    Je dois m’être surement mal exprimé. Je ne dis que pas qu’être végétarien ou vegan soit contre nature, mais être un mangeur de viande ne l’est pas pour autant.

    Jusqu’à mes 18 ans, j’ai mangé des oeufs des poules de mes parents et des lapins qui étaient au bout de mon jardin. Ca choquera beaucoup de monde mais je les ai nourri pour ensuite les manger.

    La question philosophique de l’élevage peut en effet se poser. Elle est surement associée à la sédentarisation humaine.

    Quand à l’inutilité de tuer des animaux, je différencierais les animaux d’élevages des animaux sauvages. La prolifération d’une espèce doit parfois être gérée. La nature régule d’elle même certes, sauf que le simple fait de produire des légumes est une action humaine qui entraînera des conséquences sur les autres espèces (lapins, chevreuils, sangliers, …).

    Je serai fou de ne pas considérer le comportement actuel de l’homme comme suicidaire mais avec d’autres nuances.

    Avec plaisir pour en discuter en mangeant des fruits de saison ;)

  4. Reply Bastien Sep 14,2015 22 h 49 min

    Re Philippe,

    Je viens de prendre le temps de regarder la vidéo que tu as mis ds la réponse à mon premier commentaire.

    Je t’avoue que je suis sur le c.. Je ne porterai pas de jugement de valeur mais j’avoue que j’ai l’impression de regarder une vidéo des créationnistes expliquant pourquoi la Terre a été créée par Dieu et que les dinosaures étaient une invention des scientifiques.

    Je ne vais pas reprendre tous les points qu’il aborde tellement il y en a. Mais l’étude des populations d’Amérique du sud, de papouasie nouvelle guinée, d’Australie ou d’Afrique noire, qui n’ont pour certaines aucun élevage, chassent depuis des millénaires et mangent de la viande non pas parce qu’on le leur a dit mais parce qu’ils l’ont découverts, seuls. Et ils se portent bien.

    De nombreuses études scientifiques tendent à penser que le développement de l’homme est aussi dû à l’accroissement du cerveau permis par la consommation de viande cuite. C’est dans cette période qu’il y a eu des avancées majeures (je dois pouvoir retrouver ça qq part).

    Concernant la transpiration, c’est marrant car il parle des chats, chiens, …. mais tous les animaux respirent par la langue. Herbivores ou carnivores. Transpirer par les pores de la peau est une spécificité humaine. C’est ce qui a d’ailleurs permis à l’homme de pouvoir chasser des proies bien plus importantes et qui couraient bien plus vite comme les grands herbivores. L’homme a une endurance que ces animaux n’ont pas. Des hommes l’utilisent encore à l’heure actuelle dans le grand nord pour rassembler les rennes je crois.

    Il prend toujours en exemple que nous ne mangeons pas comme des lions, ni avons leurs dents et griffes, mais si je me souviens de mes cours de bio, il me semble que les herbivores ont un bonnet et un ou des feuillets, je ne me souviens plus. Nous n’en avons pas. Si je suis aussi caricatural que lui, c’est donc que nous ne sommes pas des herbivores.

    Il y a bcp à dire. Je comprends tout à fait que l’on puisse être vegan ou végétarien. Je trouve qu’une telle vidéo dessert ce qu’elle cherche à défendre.

    L’homme évolue, son alimentation aussi. Peut être notre corps refusera la viande ds qq siècles, ce n’est pas le cas aujourd’hui. Ne pas en manger pour raisons éthiques ou philosophiques est un choix respectable, mais chercher par ts les moyens à expliquer que nous sommes plus proches de la vache que du lion ne fait pas bcp avancer le débat.

    A bientôt de vive voix :)

  5. Reply Nicolas Oct 24,2015 7 h 11 min

    D’accord avec toi. Quand on va au resto c’est pour partager un moment, pas pour manger. Ce qu’il m’arrive de faire aussi c’est de chercher les aliments crus sur la carte (pas des plats crus car de toute façon, même les salades de crudités ont croutons, pommes de terre, asperges,…) et demander une salade avec tous les ingrédients crus que j’ai pu trouver.

  6. Reply Philippe Nov 22,2015 21 h 41 min

    @Fabien: Je prends enfin le temps de te répondre. Je comprends pourquoi tu parles des créationnistes mais Gary Yourofsky ne fait que remettre l’homme parmi les primates. C’est juste notre évolution, pas du créationnisme.

    La viande a permis aux humains de survivre quand il n’y avait pas assez de végétaux, je suis d’accord. Le propre des humains est d’avoir exploré la planète entière. Il y a sans doute des humains qui ont testé telle ou telle nourriture mais, dans la très grande majorité, nous reproduisons, individuellement quand même ce que nous voyons, il me semble.

    La viande cuite a sans doute permis aux humains d’avoir plus d’énergie. Au XXIème siècle, grâce à la rapidité des transports sur la planète, nous avons heureusement la possibilité d’avoir assez de fruits, très facilement, pour arriver au même résultat :)

    L’homme n’est pas le seul à transpirer. Les singes le sont aussi, mais aussi d’autres animaux. Pense au cheval par exemple ;)

    Sommes nous herbivores ? Je suis d’accord avec toi, nous n’avons pas la même dentition que la vache. Mais nous ne sommes pas carnivores non plus. Si tu regardes le tableau que j’avais mis dans le billet sur ma première année de véganisme ( http://philippe-couzon.com/2014/08/25/vetegalien-depuis-un-an/ ), tu verras que les humains sont juste dans la catégorie des primates, ni herbivores, ni carnivores, ni omnivores ;)

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