Aujourd’hui, #jesuisparisienne

Le quotidien Le Parisien attaque la blogueuse The Parisienne pour contrefaçon et lui réclame 20 000€ de dommages et intérêts. Depuis, la parution du billet de la blogueuse parisienne, la mobilisation est forte sur Twitter, avec le hashtag #jesuisparisienne.


Est-ce qu’un juge pourrait donner raison au Parisien ? Peut-être. Quand je pense au cas Milka contre Kraft Foods, par exemple, je me dis que tout est possible. Comme le relève Numérama :

« ce titre [La Parisienne] (lancé en 2008) est antérieur à The Parisienne (2009). »

Mais l’aspect juridique ne devrait pas arriver en premier dans ce cas.

D’abord, c’est une question politique : est-ce que les habitantes et habitants de Paris ont le droit, ou pas, de dire qu’ils sont parisiennes ou parisiens ? Ça, ça devrait être la vraie question. Ce devrait être aux politiques, à la mairie de Paris de s’en mêler.

Ensuite, c’est une question marketing pour le Parisien. Si le journal interdit aux Parisiens de se nommer, son nom même n’a plus aucun sens. Sa marque n’a de sens que parce que Paris est plein de Parisiennes et de Parisiens, qui se revendiquent comme telles ! En portant plainte, le journal dit qu’il n’est plus dans la foule des Parisiens, il se désolidarise des habitants de Paris. Si on était un peu malicieux, on pourrait même se dire que c’est le journal Le Parisien qui a pris son nom aux Parisiens et que c’est à eux qu’il devrait payer un droit d’usage puisqu’il fait de ce nom une activité lucrative.

Là où Le Parisien fait une erreur, c’est en faisant comme si un blog personnel, une identité numérique, était la même chose qu’un journal ou un titre. Or, ce n’est pas le cas ! Une pseudo est un trait identitaire. C’est intime. Un journal, un magazine, ce n’est pas un intime, c’est public. Ce n’est pas identitaire, les rédacteurs vont et viennent. D’ailleurs, un pseudonyme peut être librement utilisé, et même être inscrit sur sa carte d’identité !

Bref, cette histoire est complètement abracadabrantesque comme a pu dire un Parisien bien connu et j’espère que journal reviendra à plus de raison. Soutien à The Parisienne en attendant !

Edit

Edit En entête de son billet, ajout apporté le 27 août à 13h, The Parisienne écrit :

« Mon blog date de 2009 et je n’ai jamais déposé ou tenté de déposer la marque The Parisienne. »

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