Depardieu II 1

Le débat autour de Depardieu continue. Ce qui me semble intéressant, c’est le changement de paradigme. Sous la présidence précédente, le discours était :

« S’il y en a que ça gênent d’être en France (…) qu’ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu’ils n’aiment pas« .

C’était comme si la France devait être figée. Que c’était aux habitants de s’adapter.

Maintenant, il y a la musique de l’effort, on salue ceux qui restent par solidarité (ou qui, plus simplement, n’en ont pas envie) mais, surtout, on dit qu’il faut  penser adapter la fiscalité aux contribuables pour qu’elle soit supportable. David Abiker se demande si la France est devenu détestable.

Le malaise français n’est pas juste fiscal. Il concerne l’écosystème. Ce n’est pas le « vivre ensemble » mais « pourquoi nous voulons vivre ensemble, pour faire quoi, comment ». Vivre ensemble pour vivre ensemble, cela ne construit rien. Il faut avoir des raisons pour cela. Elles existent, mais encore faut-il les dire.

Dire qu’il faut payer des impôts sans montrer en quoi cela est positif pour la communauté territoriale ne peut qu’engendrer frustrations. A nouveau, il faut communiquer. Comme c’est étrange, comme c’est bizarre, la communication aurait une part importante dans la création d’une communauté ? Aurait-on oublié que les deux idées ont une racine latine commune ?

Mais quand les raisons n’existent pas il faut alors les créer. Ce n’est pas à l’individu de le faire seul, c’est aussi – et surtout – à la communauté.

Dans le rapport entre une communauté et un individu qui fait partie de cette communauté, il faut forcément interaction, il y a forcément adaptation des deux, rééquilibrage de la communauté simplement qu’il y a un individu en plus… ou en moins. Cela ne signifie pas que tout est acceptable mais les adaptations, le dialogue sont forcément nécessaires.

Une communauté doit être attractive pour qu’on la rejoigne.

Ce n’est pas seulement vrai pour la France et ce n’est pas qu’un affaire de marketing. Il y a plein de paramètres : la confiance, les liens qu’on a les uns avec les autres, les buts qu’on se fixe, la capacité de l’environnement à nous aider pour atteindre ceux-ci.

On l’a vu dans l’affaire Instagram : changement des conditions d’utilisation, réactions vives sur le Net avec menace de partir.la clarification d’Instagram. Cela ressemblait de beaucoup à l’affaire Depardieu.

La question pour toute communauté est : comment la rend on désirable, aimable, pour que les avantages à y rester soient supérieurs aux inconvénients. Et donc, pour ce qui concerne la France, comment pouvons nous tous collectivement être aimables ?

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One comment on “Depardieu II

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