De la Concorde à Vincennes…

J’ai écouté en partie, hier, les discours de Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Le premier a parlé de défendre une civilisation et je dois avouer que je ne sais pas de quoi il parle. Il n’en a pas plus dit, d’ailleurs. Comme si tout le monde savait de quoi il parlait. Depuis quand sommes nous en danger ? Et, surtout, que faut il défendre ? Il me semble que, il y a un temps, on défendait des valeurs. Mais une civilisation ??? Faudrait il absolument que le territoire français se sclérose ? Que plus aucun progrès ne soit possible au nom d’une défense d’une civilisation ? Et on commence où ? Quel geste est dans cette civilisation ? Je ne sais pas.

Nicolas Sarkozy a aussi parlé de « déconstruire l’État ». Déconstruire, ce n’est pas tout à fait décentraliser ou répartir les moyens de l’État. Déconstruire, c’est mettre à mal, tenter de ne plus faire fonctionner. Il n’y a même pas de reconstruction. A l’extrême limite, je peux comprendre que, dans une vision libérale, on puisse vouloir diminuer la présence de l’État. Mais, dans ce cas, comment expliquer qu’en même temps le candidat souhaite remettre en place des contrôles douaniers aux frontières françaises, et donc internes à l’Europe ? On pourra lire, concernant l’Europe, l’article de Jean Quatremer Euro : Sarkozy se « mélenchonise ».

François Hollande, devant un château, a parlé de fierté nationale. Il a dit que, pour trouver des réponses aux questions de notre temps, il suffisait de se regarder dans le miroir, qu’il n’y avait pas besoin de regarder « outre-Rhin« . Pourtant, c’est une bonne chose de regarder ce qu’il se passe ailleurs ! De comparer, de tirer des enseignements, de voir ce qui fonctionne ou pas ! Bien sûr, il a dit d’autres choses… Mais, ça, je dois avouer que je ne comprends pas.

Les deux candidats ont terminé par La Marseillaise. Nicolas Sarkozy venait de dire « n’ayez pas peur, ils ne gagneront pas« , le poing du tribun fermé et tendu, il venait de dire qu’il voulait « soulever le peuple de France » et j’ai eu l’impression que le « sang impur » de La Marseillaise, chant devenu celui du soulèvement sarkozyen, était celui des socialistes.

Côté socialiste, lorsque La Marseillaise fut chantée, François Hollande souriait. Le soleil a peut-être aidé à rendre cela plus joyeux ? Je comprends que La Marseillaise n’appartient à aucun parti, à aucun clan, mais depuis quand Bella Ciao – cet hymne à la liberté et à l’émancipation – a disparu des meetings socialistes ?

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