Pourquoi créer de nouveaux réseaux sociaux ? 4

Playberhood est un projet de réseau social autour des jeux de société, monté et présenté lors du Start-Up Week-End de Lyon. J’étais présent sur la scène pour les questions du jury.

Pourquoi créer un nouveau réseau social alors qu’il en existait déjà plein, que les gens pouvaient en avoir marre de créer de nouveaux identifiants, de s’inscrire encore et encore, nous a-t-on demandé ?

J’ai répondu par la principale fonctionnalité de Playberhood, inexistante sur Facebook, et ajouté qu’on s’inscrivait sur plein de sites en permanence.

Mais, en y repensant un peu plus, je me dis que, de toute façon, il n’est pas sain de remettre l’ensemble de sa vie numérique dans les mains d’un seul réseau, quel qu’il soit.

Ce n’est pas une question de réglages des paramètres de confidentialité. Pour Facebook, le fait que les règles puissent changer à tout moment, ne devrait inspirer aucune confiance dans ces paramètres, d’ailleurs.

Utiliser plusieurs réseaux sociaux permet de segmenter ses informations, ce qu’on dit. Et puis, cela permet d’être présent avec un pseudo d’un côté ou d’un autre. Un seul réseau, avec un seul contrôle social, sans possibilité de s’échapper, me semble-t-il, serait dangereux. Je ne suis pas psychologue mais j’ai l’intuition qu’il y aurait un problème de ce côté là.

Ce n’est d’ailleurs peut-être pas anodin si nous sommes présents sur plusieurs réseaux. Pour moi, ce n’est pas juste une question de fonctionnalités mais, plus simplement, de nécessité psychologique. La diversité des réseaux est nécessaire et importante à sauvegarder. Et vous, qu’en pensez ?

Vous pourriez aussi aimer

4 thoughts on “Pourquoi créer de nouveaux réseaux sociaux ?

  1. Reply Jérôme Fév 22,2011 10 h 01 min

    Cet article me rassure beaucoup. :-)
    Souhaitant développer un site orienté réseau social, j’ai eu plein d’objections comme quoi « ça ne marchera jamais », « il y a déjà Viadeo et Facebook, pourquoi viendrai-je sur ton truc ? », « les réseaux sociaux, c’est un marché mûr et saturé, ce n’est plus possible de faire quoique se soit dedans ».

    Mais il est vrai qu’avec de tels mastodontes, nous devons vraiment innover pour ramener des gens sur ces nouvelles plateforme… ce qui n’est pas évident.

    Mais si j’ai bien compris, vous pensez qu’il y a toujours de la place pour d’autres réseaux sociaux ? ;-)

  2. Reply Philippe Couzon Fév 22,2011 10 h 19 min

    @Jérôme: Oui, bien sûr. Il « suffit » d’être innovant. Tout ne tourne pas autour de facebook. Prenons Runkeeper, c’est un réseau social bâti à partir de la marche, du footing… Il a évidemment toute sa place :)

  3. Reply Alexandra Fontanel Fév 22,2011 21 h 13 min

    Je pense également qu’il y a encore de la place pour d’autres réseaux sociaux. J’ai écrit une série d’articles sur les nouvelles tendances en matière d’usages digitaux (http://www.chasseusedetendances.com/2011/02/18/tendances-des-modes-de-vie-2011/) et parmi ces tendances, j’en ai justement identifié une que j’ai intitulé « Micro-communautés ». Je m’attache à montrer qu’on voit actuellement de nombreux réseaux sociaux de niche, de micro-communautés fleurir sur la toile, en parallèle des réseaux sociaux généralistes (qui à terme risquent d’être concurrencés car notre temps n’est pas extensible). Ces micro-communautés, qui sont, selon moi, de différentes nature (experts, proches, intérêt), apportent une réponse au sentiment de « solitude collective » généré par l’accumulation de relations superficielles sur les réseaux généralistes devenus des « médias de masse ». Elles sont aussi une manière de se constituer des « petits mondes » privatifs à l’intérieur la toile et de recréer un entre-soi plus propice à la libre expression (versus autocensure). Il y a donc bien sûr un besoin de segmenter ses réseaux sociaux online en différentes micro-communautés comme c’est le cas dans la vie réelle. En effet, dans la réalité, nous appartenons à différents groupes (famille, amis d’enfance, membres d’un club, collègues…) que nous gérons de manière indépendante : nous n’entretenons pas les mêmes relations avec chacun de ces groupes, nous ne partageons pas les mêmes intérêts et nous ne dévoilons pas les mêmes facettes de notre identité. Et sur la toile, c’est pareil, on souhaite avoir le contrôle sur la gestion de nos réseaux sociaux. Or, ce n’est pas forcément possible avec les réseaux généralistes. C’est pourquoi, je pense que les réseaux sociaux (qu’ils soient de niche ou généralistes mais alors dans ce cas en proposant des fonctionnalités de filtres ou de listes) qui permettront d’entretenir des relations plus authentiques, plus affinitaires et plus enrichissantes pourront trouver leur public.

  4. Pingback: Lu cette semaine (weekly) /  relation, transformation, partage

Leave a Reply