Accros à la techno ?

La semaine prochaine, je participe à une rencontre-débat avec la question sommes nous accros à la technologie ?

Le pitch de la rencontre est :

« Internet, PDA, Ipod, GPS : tous ces outils ont accru notre productivité et notre autonomie.

Ils nous arrivent à tous de nous demander si nous saurions encore nous en passer. Jusqu’à quel point sommes nous dépendants de nos prothèses technologiques?« 

La question même biaise la réponse. Déjà, je ne me demande jamais si je pourrais me passer d’une techno. Soit je m’en passe, soit je me demande comment je vivais avant… et, globalement, je mets extrêmement longtemps avant d’en adopter une ;-)

Prenons, d’abord, juste les quatre outils/inventions cités :

  • Internet.

Je crois que j’ai envoyé mes premiers emails en 95 ou 96. A l’époque, je les écrivais sur un minitel (le service s’appelait Minicom, je ne sais pas si cela existe encore, je n’ai plus de minitel).

Je me souviens avoir squatté les bornes qu’on trouvait à l’époque à la gare de la Part-Dieu, jusque tard le soir (je partais quand les vigiles arrivaient…), pour pouvoir envoyer des courriels. J’ai maintenant un smartphone. Je peux envoyer des mails de presque n’importe où. J’écris en marchant, en voiture (quand je suis passager !), dans le train…  Idem avec le mini-PC. Mais il m’arrive d’écrire sur du papier.

Mais le Net, ce n’est pas seulement le mail, c’est aussi le web, l’FTP, Bit Torrent…. et de très nombreux autres protocoles, services. Surtout, ce sont des milliers d’autres utilisateurs.

Je suis incapable de dire si ma « productivité » a été augmentée par le Net puisque je n’ai jamais travaillé sans. Quant aux ordinateurs, j’ai commencé avec un ZX81… Pour l’autonomie, oui, c’est évident. C’est comme l’éducation : le Net permet d’être plus autonome. On peut se demander quel intérêt, donc, il y aurait à être moins autonome.

Mais, l’Internet, ce n’est pas seulement de la productivité ou de l’autonomie, c’est aussi – et surtout – de la connectivité. On n’est pas seul sur le Net. Nous sommes plusieurs et nous créons sa culture et son contenu ensemble. Pourquoi faudrait il se passer des autres ? Le Net permet d’avoir une vie sociale augmentée ;-)

  • PDA, ipod, GPS

Je ne vis sans doute pas encore dans le XXIème siècle, je n’en ai pas. Pour le GPS, je ne sais pas si c’est une erreur ou pas, mais, ce qui est certain, c’est que cela me permet de tester la géo-sérendipité ;-)

Bref, plus sérieusement, dans la question posée, on retrouve une énième remise en cause du progrès. Je suppose que, lorsque le téléphone filaire et manuel fut inventé, s’est aussi posée cette question : Jusqu’à quel point sommes nous dépendants de nos prothèses technologiques ?

Pour chacune de ses inventions, qui ont rendu la productivité et l’autonomie aux hommes et femmes, on pourrait trouver des contre-arguments. Ça a dû être aussi le cas, dans le désordre, et sans que cela soit exhaustif, pour

– le dressage des chevaux, la bicyclette, le moteur à explosion : l’homme ne s’arrête plus pour admirer chaque détail du paysage ;
– l’électricité : l’homme perd le « goût » de l’effort ;
– la calculatrice : on ne s’exerce plus au calcul mental ;
– l’écriture : on ne travaille plus sa mémoire ;
– la roue : en permettant à un homme seul de porter de plus lourdes charges, la solidarité a été mise à mal.

Je ne serai même pas étonné que, dans les grottes de Lascaux, il se soit trouvé une personne pour dire que le feu rendait accro à la viande cuite.

La question n’est donc pas de savoir si nous sommes accros à la technologie ou non. C’est absurde, à mon humble avis. Une technologie n’est pas une drogue en soi. La question, plutôt, me semble être de savoir si on l’adopte, comment on vit avec, comment on l’utilise. J’espère que c’est là qu’ira le débat.

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